Installer l’électricité dans un bâtiment nécessite des compétences particulières, afin de bien prendre en compte les exigences édictées par la norme NF C 15-100. Elles ont pour but de sécuriser au maximum les installations. Nous allons nous intéresser tout particulièrement à la partie 7-771 de cette norme, qui concerne les règles applicables aux locaux à usage d’habitation, et à son influence sur la mise en place d’un tableau divisionnaire normé.

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Qu’est-ce qu’un tableau divisionnaire ?

Un tableau divisionnaire normé est un tableau annexe au tableau électrique qui centralise toute la distribution électrique d’une habitation. Il est destiné à apporter une protection supplémentaire, dans certaines pièces de la maison ou dans des dépendances, séparées du logement principal. Il est généralement constitué d’une seule rangée et est protégé par un disjoncteur divisionnaire situé sur le tableau principal. Il est relié au tableau principal par un câble conducteur, dont la section et la longueur doivent être calculées en fonction du type et du nombre des appareils à protéger. Il est également possible d’installer un tableau divisionnaire triphasé pour les installations qui nécessitent plus de puissance.

Ces critères seront également appliqués pour calculer la puissance du disjoncteur. Celle-ci peut varier entre 16, 20 ou 32 ampères. Selon la force protégée, la section de la liaison va varier entre 1,5 et 10 mm² et la longueur entre 4 et 31 m. La tension transportée par le conducteur subissant des chutes, il faut veiller à ce que celles-ci restent inférieures à 1 %. En cas de trop forte chute, les appareils alimentés risquent de ne plus fonctionner. Il est donc très important de bien calculer la section du câble, en rapport avec sa longueur et la puissance du disjoncteur.

De l’influence de la norme NF C 15-100 sur l’installation d’un tableau divisionnaire

La norme NF C 15-100 date de décembre 2002 et a été complétée depuis par plusieurs amendements. Elle concerne les installations électriques de basse tension, en particulier au niveau de la protection de l’installation et de celle des personnes. Elle prend en compte également le confort d’administration du réseau, son utilisation et laisse une marge de sécurité pour les évolutions ultérieures du logement. La mise en oeuvre de cette norme implique parfois l’installation d’un tableau divisionnaire. Elle porte notamment sur :

La composition du tableau électrique principal

Pour les nouveaux logements et les anciens concernés par une rénovation, il est conseillé, voire obligatoire d’installer le tableau électrique dans l’espace technique électrique du logement (ETEL) et plus particulièrement dans la gaine technique logement (GTL). Cet espace-ci doit être facilement accessible et doit donc être prévu à proximité des accès.
Le tableau doit disposer, entre autres :

  • De commandes manuelles situées à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,80 m, de façon à être facilement accessibles
  • D’une réserve d’au moins 20 % d’espace disponible, pour faire face à toute extension future
  • D’un dispositif de coupure d’urgence
  • Des protections différentielles permettant de détecter d’éventuelles fuites
  • D’un disjoncteur différentiel de 30 mA

L’installation de l’électricité dans la cuisine

C’est dans la cuisine que se concentrent les principaux besoins en électricité. L’amendement du 1er septembre 2016 à la norme NF C 15-100 a apporté de nouvelles réglementations concernant cette pièce en particulier. Elles portent, entre autres, sur l’obligation :

  • De mettre en place des circuits spécialisés pour le gros électroménager
  • D’installer au minimum un circuit dédié de 6 prises électriques, dont 4 sont à poser au-dessus du plan de travail. Cependant, pour une cuisine d’une surface de moins de 4 m², trois prises sont admises
  • De placer un point d’éclairage au plafond

Les précautions à prendre pour l’agencement électrique de la salle de bains

Pièce humide par nature, la salle de bain nécessite des précautions particulières pour l’installation de l’électricité. La norme oblige, par exemple, à installer :

  • Les points d’éclairage au plafond ou en applique
  • Un circuit spécialisé pour le chauffage.

Les normes à respecter selon la surface de l’habitation

Selon la surface de la pièce, il est recommandé de poser 1, 2 ou 3 différentiels de 30 mA. On en mettra un pour une surface ne dépassant pas 35 m², deux si la surface est comprise entre 35 m² et 100 m² et 3 au-dessus. Au-delà de 120 m², la pose d’un tableau divisionnaire est vivement recommandée. La surface du logement influence également sur le nombre de prises télévision, dans les mêmes proportions que ci-dessus.

L’alimentation en électricité d’un bâtiment annexe

Selon que le local annexe est attenant ou non à l’habitation principale, les préconisations diffèrent. Cependant, dès que l’on dépasse 100 m de distance, il est fortement conseillé d’installer un tableau divisionnaire, afin de pouvoir couper facilement l’électricité sur place.
Il est à noter toute nouvelle installation électrique doit être validée par une attestation délivrée par le comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité (Consuel).

Dans quels cas installer un tableau divisionnaire ?

On rencontre souvent le tableau divisionnaire lorsque la surface du logement est importante ou qu’il y a présence d’une annexe séparée de la maison.

Surface habitable importante

Lors d’une construction nouvelle ou d’une réhabilitation complète, il est nécessaire de laisser 20 % d’espace disponible sur le tableau électrique principal. Cela peut poser problème lorsque le logement est particulièrement grand (surface supérieure à 120 m²), ou que le nombre d’appareils électriques est important. Dans ce cas, il est nécessaire d’installer un tableau divisionnaire secondaire, afin de bien respecter la norme NF C15-100.
Si le logement comporte un étage, il est judicieux d’équiper celui-ci de son propre tableau électrique, afin de pouvoir y accéder rapidement en cas de nécessité.
Le tableau divisionnaire peut également avoir sa place dans une cuisine, qui concentre une bonne partie des appareils électroménagers de la maison. En dehors des circuits standard, la norme y impose un certain nombre de circuits spécialisés :

  • 1 circuit d’alimentation spécifique pour cuisinière ou plaque de cuisson
  • 1 circuit spécialisé avec une prise de courant de 16 ampères, si le four est indépendant
  • 1 circuit spécialisé avec une prise de courant de 16 ampères, pour le lave-vaisselle
  • 1 circuit spécialisé avec un différentiel 30 mA si le congélateur est dans la cuisine.

Un tableau divisionnaire sera également particulièrement indiqué lors de la construction d’une extension, le compteur général n’étant pas toujours adapté, ni conforme aux dernières normes.

Bâtiment annexe

Lorsque le bâtiment annexe (garage, atelier, local technique, etc.) est éloigné du logement principal, il est préférable de l’équiper d’un tableau divisionnaire. La distribution d’électricité et les conditions de sécurité seront beaucoup plus efficaces. Les commandes seront accessibles plus rapidement si un circuit disjoncte ou s’il est nécessaire de procéder à une coupure temporaire d’électricité.

Comment installer un tableau divisionnaire selon la norme ?

Compte-tenu des exigences de la norme NF C 15-100 et de la technicité d’une installation électrique, il est préférable de faire appel à un professionnel pour installer un tableau divisionnaire. Cependant, si vous avez des dispositions pour le bricolage et de bonnes connaissances en électricité, il est tout à fait envisageable de procéder à la pose vous-même. Voici quelques indications sur le processus :

  • choisir le modèle du tableau, du disjoncteur et du câble conducteur selon les critères indiqués au paragraphe « qu’est-ce qu’un tableau divisionnaire ? »
  • couper le courant avant d’entreprendre les travaux
  • poser le tableau secondaire à l’emplacement voulu, en respectant les règles édictées dans la norme
  • raccorder au tableau principal
  • installer la protection différentielle, puis les disjoncteurs et les peignes de raccordement
  • installer un disjoncteur dans le tableau électrique principal et raccorder.

N’oubliez pas d’adresser le formulaire CERFA au Consuel pour obtenir votre attestation de conformité. Vous pourrez trouver les modalités à travers ce site.

Plus d’infos sur la manière d’installer un tableau secondaire en découvrant cette vidéo :

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